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  • Dix idées fausses sur l’intersexuation
    Mis en ligne le 18 janvier 2008 - Dernière modification le 18 janvier 2008

    10 idées fausses sur l’intersexuation

    Par Curtis E. Hinkle de l’OII

    1. L’intersexuation signifie qu’une personne possède
    deux appareils génitaux
    (faux)

    C’est probablement l’une des idées fausses les plus
    répandues. L’intersexuation n’a en général rien à voir
    avec l’appareil génital d’une personne. Il y a des
    personnes intersexuées avec un pénis et une ouverture
    vaginale. Cependant, il n’y a pas de cas documenté
    d’une personne née avec les appareils génitaux
    masculins et féminins pleinement développés. La grande
    majorité des intersexués ont des organes génitaux qui
    ont vraiment l’air d’être typiquement male ou femelle
    alors qu’une minorité ont des organes atypiques. En fait,
    le terme suranné, pseudoscientifique de "vrai
    hermaphrodite" peut renvoyer à une personne ayant des
    organes génitaux parfaitement typiques du sexe
    masculin ou féminin.

    2. 1 jeune enfant sur 2000 naît intersexué (faux - il
    y en a beaucoup plus)

    C’est l’une des statistiques communes les plus connues.
    Il serait plus juste de dire simplement que dans les
    hôpitaux dotés d’équipes d’assignation de genre, 1 bébé
    sur 2000 naît avec des organes génitaux si atypiques
    que le médecin accoucheur requiert l’aide des
    spécialistes de l’équipe pour lui assigner un sexe. La
    plupart des hôpitaux du monde n’ont pas d’équipe
    d’assignation de genre et la plupart des personnes
    intersexuées ont des organes génitaux typiques. Il faut
    noter soigneusement que même dans la majorité des
    naissances avec organes génitaux atypiques, le docteur
    ne requiert pas l’assistance d’une équipe d’assignation
    de genre, même s’il y en a une de disponible. Par
    conséquent, on peut facilement voir que ce chiffre donne
    l’impression que l’intersexuation est très, très rare. Ce
    n’est pas le cas.

    Il y a tellement de variations différentes qu’il est très
    difficile de donner aujourd’hui une statistique. Une
    estimation plus juste est donnée par Sharon Preves qui a
    mené une enquête très poussée sur l’intersexuation.
    Selon elle, "la fréquence pourrait s’élever à 4 %".

    3. L’intersexuation a un rapport avec homosexualité
    (oui et non, mais c’est difficile à prouver)

    Les raisons sous-jacentes de considérer l’intersexuation
    comme une pathologie et de suggérer des traitements
    qui sont souvent barbares sont très vraisemblablement le
    résultat de l’homophobie. Cependant, il n’y a rien dans
    l’intersexuation en soi qui induirait quelqu’un à penser
    qu’intersexuation et homosexualité sont la même chose
    ou sont directement liées. Il est très possible qu’il y ait
    des liens mais les raisons physiologiques ne sont pas
    encore totalement comprises.

    Ce qui est important à comprendre, c’est que beaucoup
    de personnes intersexuées s’identifient comme gays ou
    lesbiennes. En même temps, beaucoup d’adultes
    intersexués trouvent que le concept même de l’homosexualité ne s’applique pas à leur perception de
    soi-mêmes. De plus en plus de personnes intersexuées
    se sentent à l’aise avec une identité de genre intersexe,
    qui, nous le ressentons, décrit plus précisément notre
    propre perception. Le modèle construit par la société
    d’éroticisme qui est proposé par de nombreuse cultures,
    et qui divise les gens entre homosexuel et hétérosexuel,
    efface notre indenté. Même la bisexualité qui a été
    accepté avec répugnance prolonge l’idée de deux genres
    seulement par l’emploi du préfixe "bi" qui signifie "les
    deux". Par expérience, j’ai été amené à comprendre qu’il
    y a des gens qui sont attirés par des personnes
    androgynes, par des femmes "masculines" ou des
    hommes "féminins". Et par dessus tout, qu’est-ce qui est
    le sexe opposé d’une personne intersexe, qui indique
    clairement qu’elle est intergenre ?

    4. L’intersexuation n’a rien à voir avec le genre (faux)

    Pour beaucoup de personnes intersexuées, le genre est
    devient un obstacle majeur pour plusieurs raisons : de
    plus en plus de personnes intersexuées s’identifient
    comme intergenre et d’autres rejettent le sexe attribué à
    la naissance. Dans bien des pays de par le monde, il n’y
    a pas de chirurgie néonatale pour traiter les corps
    intersexués. Pour elles, les solutions principales
    consistent principalement à ne pas se sentir à l’aise dans
    un genre quel qu’il soit ou de grandir avec un corps
    incompatible avec le genre dans lequel elles ont été
    élevées. Donc, en dénonçant seulement les chirurgies,
    ISNA oublie de mettre l’emphase sur la motivation de ces
    chirurgie : l’attribution d’un sexe (avec seulement deux
    choix possible). Et la plupart des personnes
    intersexuées n’ont pas été chirurgicalement mutilées.
    L’intersexuation ne concerne pas que nos corps mais
    aussi la façon dont nous nous percevons à l’intérieur de
    ces corps et l’identité de genre est une part cruciale de
    l’identité de chacun. Gommer l’importance du genre pour
    une personne intersexuée en tant qu’individu revient à
    réduire cette personne uniquement aux aspects
    physiques de son corps en négligeant la partie la plus
    importante de l’équation, sa propre perception de son
    corps et d’elle-même, à l’opposé de la perception qu’en
    ont les autres.

    5. L’intersexuation fait partie du mouvement
    transgenre
    (faux)

    Non. Bien que des individus qui sont intersexués
    puissent s’identifier comme transgenre, le contraire n’est
    pas vrai. La plupart des personnes du mouvement
    transgenre ne sont pas intersexuées. Inclure
    l’intersexuation sous le terme-chapeau de "transgenre"
    néglige nos besoins spécifiques qui sont souvent une réforme médicale, des solutions légales au sujet du
    genre que nous avons, des solutions en terme de santé
    spécifiques aux corps intersexués et par-dessus tout, le
    fait que la plupart des personnes intersexuées ne sont
    pas des trans. Beaucoup sont heureux d’être des
    hommes ou des femmes et de plus en plus d’entre nous
    sont ravis d’être intergenres.

    6. Seuls les vrais hermaphrodites sont de réels
    hermaphrodites
    (faux)

    C’est aussi idiot que de dire qu’il y a de vrais mâles et
    pseudomâles. Toute l’idée de diviser les intersexués
    entre vrais hermaphrodites et pseudohermaphrodites
    n’est qu’une autre tentative désespérée de garder
    intactes les catégories de genre arbitraires et binaires.
    Selon cette terminologie pseudoscientifique, seuls les
    gens dotés de tissu gonadal des deux sexes "officiels"
    sont hermaphrodites. Ne choisir que les testicules et les
    ovaires comme indicateurs du vrai sexe de quelqu’un a
    été complètement rejeté par la science moderne. Il y a
    des femmes qui sont nées sans ovaire, des hommes
    sans testicules et leur vrai sexe tel qu’ils le perçoivent est
    souvent clairement celui d’une femme ou d’un homme.

    7. Le transsexualisme n’est pas une variation
    intersexe.
    (On ne sait pas)

    Nous ne le savons pas. La définition du transexualisme
    peut amener à le penser parce qu’il est tellement
    imbriqué avec le diagnostic de la Dysphorie de Genre
    qu’on garde l’impression qu’il s’agit d’un désordre mental.
    Le fait que de nombreux jeunes enfants nés intersexués
    rejettent le sexe qui leur a été assigné à la naissance
    devrait pousser une personne raisonnable à se
    demander si en fait tous les cas de transexualisme ne
    sont pas un phénomène mental. Est-ce que les
    personnes intersexuées se trompent sur leur vrai sexe ?
    Devrait-elles essayer encore plus de dépasser la
    Dysphorie de Genre ? Je trouve plus vraisemblable que le
    personnel médical se trompe en pensant qu’il peut
    déterminer le sexe d’un enfant intersexué sans le lui
    demander au préalable.
    L’Organisation Internationale des Intersexes accepte
    toutes les personnes nées avec une variation
    intersexuelle comme ayant le droit de parler pour nous et
    ceci inclue ceux à qui on a assigné le mauvais sexe. Ne
    nous voir qu’à travers le prisme de la dysphorie de genre
    doit nous faire taire une fois de plus, faisant de notre
    problème un problème mental et non un problème
    sociétal. L’erreur et la pathologie mentale sont celles de
    la société au sens large qui éprouve le besoin de
    déterminer le vrai sexe de quelqu’un à partir des parties
    génitales et de stigmatiser les individus qui ne rentrent
    pas dans des stéréotypes de genre bien ficelés.

    8. Le mouvement intersexe est un mouvement
    identitaire comme les autres mouvements LGBT

    (faux)

    Non. L’OII se bat pour des droits humains complets pour
    toutes les personnes nées avec des variations
    intersexuelles et pour qu’un de ces droits soit celui de
    l’auto-identité. Le mouvement intersexe devrait inclure
    toutes les personnes intersexuées, que nous nous
    identifiions comme homme, femme ou simplement
    intersexe. Donc, ce que nous avons en commun est un
    corps qui n’est pas « standard » pour ce que nos cultures
    considèrent un homme ou une femme, mais nous
    n’avons pas une seule identité en commun ou une seule
    orientation sexuelle en commun.

    9. La plupart des personnes intersexuées ont été
    assignés femme
    (faux)

    Par expérience personnelle, je ne trouve pas que ce soit
    le cas. Beaucoup de variations intersexuelles chez des
    nouveaux-nés assignés mâles sont souvent négligées et
    on dit aux parents qu’il y a une intervention à faire pour
    améliorer l’urination ou qu’une testicule n’est pas
    descendue, etc...Quand on se documente sur les
    diverses variations intersexuelles on se rend compte
    qu’une personne née avec une variation intersexuelle a
    autant de chance d’être assignée garçon ou fille.

    10. L’intersexuation est une condition qui peut être
    soignée
    (faux)

    Les personnes intersexuées ont des problèmes de
    santé comme tout le monde. Mutiler nos corps n’est pas
    un acte de soin. C’est tout simplement un acte barbare.
    Etre une femme n’est pas en soi et de soi un problème
    de santé mais il y a des problèmes da santé spécifiques
    aux femmes. C’est aussi vrai des personnes
    intersexuées. Voir l’intersexualition comme une condition
    qui peut être soignée justifie les pratiques médicales
    barbares auxquelles nous sommes souvent soumis,
    telles que les actes chirurgicaux mutilatoires, les
    hormones qui peuvent être contraires à notre propre
    identité profonde et les traitements psychologiques pour
    refus de s’y soumettre.
    Les droits des intersexes sont des droits humains et
    toute personne née avec une variation intersexuelle
    devrait bénéficier de tous les droits des autres. C’est la
    mission de l’Organisation Internationale des Intersexes.


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