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  • Javez Saez
    Mis en ligne le 8 juin 2008 - Dernière modification le 8 juin 2008

    Javier Saez

    Depuis quelques dizaines d’années, la constitution au grand jour de communautés féministes, gay, lesbiennes, transgenres, bi, S/M a permis de poser d’inédites questions sur le sexe et le genre (gender).

    Plus récemment, en refusant l’enfermement des « minorités sexuelles » dans une problématique identitaire, le mouvement queer a redistribué encore autrement les cartes.

    Comment cet abord redoublé aurait-il pu négliger ce qui, jusque-là, en Occident, occupait le terrain, à savoir la psychiatrie et la psychanalyse ? Rien pourtant ne permet d’affirmer que, côté queer, se soit forgée une pensée unique sur la psychanalyse. Bien au contraire, tandis que certains accueillent de manière critique tel ou tel de ses apport, le jugeant même indispensable, d’autres prennent grand soin de cheminer hors champ freudien ; d’autres encore soulignent la façon dont la théorie psychanalytique, en devenant normative, sert des fins ouvertement répressives.
    En partant de la situation particulière à l’Espagne - libération rapide des mouvements gay après la mort de Franco et pénétration récente de la psychanalyse lacanienne -, Javier Sáez brosse le tableau des avancées d’auteurs queer nord-américains (Judith Butler, Teresa de Lauretis, Gayle Rubin,) mais également européens (Monique Wittig, Beatriz Preciado, Marie-Hélène Bourcier, Didier Eribon).

    Il retrace les temps forts de cette tension entre le mouvement queer et la psychanalyse : reconnaissance, affrontements, malentendus. Il s’ensuit une psychanalyse pas moins divisée par la critique queer que ne l’est celle-ci par celle-là : contestée pour son homophobie, pour n’avoir pas pu se déprendre de la normativité psychiatrique ou n’avoir pas su débusquer l’origine historique et idéologiquement marquée de certains de ses concepts, la psychanalyse s’avère cependant susceptible de redonner vie à sa capacité subversive. On en veut pour preuve l’oeuvre de Jacques Lacan, qui, elle aussi, questionne les formes de la subjectivation dès lors qu’on cesse de les réduire à des identités sexuelles.

    On chercherait en vain dans cet ouvrage une quelconque synthèse. Ce n’est pas la moindre de ses qualités.

    Biographie

    Né à Burgos en 1965, Javier Sáez est sociologue et traducteur. Il codirige le cours de théorie queer de l’Universidad nacional a distancia, collabore à la revue Zéro ; il a créé la revue électronique Hartza.com, qui, depuis 1995 rassemble des textes sur les cultures gay et lesbienne, la psychanalyse, l’analyse politique et la critique culturelle. Il fut cofondateur de la revue philosophique Archipiélago. Il doit sa formation en psychanalyse lacanienne à Jorge Alemán et à Carmen Gallano. Il fut professeur de sociologie à l’Université Centreaméricaine de El Salvador. Il milita dans divers groupes de défense des droits de l’homme et antihomophobes (Amnistíe international, La Radical gay, Groupe de Travail Queer, etc.)

    Bibliographie

    Il a traduit récemment, avec Béatriz Préciado, l’ouvrage de Judith Butler :

    Langage, pouvoir, identité, ainsi que plusieurs livres de psychanalyse.

    En 2005 il a publié les livres

    TEORIA QUEER : POLITICAS BOLLERAS

    MARICAS, MESTIZAS, TRANS (avec Paco Vidarte)

    EL EJE DEL MAL ES HETEROSEXUAL (avec GTQ)


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