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  • La Psychologie à l’épreuve du Féminisme Un levier de Résistance ?
    Mis en ligne le 5 octobre 2015 - Dernière modification le 5 octobre 2015

    Avez-vous déjà entendu parler de Feminist Psychology ou de Psychothérapies Féministes ? Savez-vous ce qu’est le neurosexisme ? Selon vous, quels enjeux sous-tendent la fonction reproductrice des femmes ? Avez-vous déjà entendu les noms de Hélène Deutsch, Joan Rivière, Mélanie Klein, Luce Irigaray et Françoise Collin ? Connaissez-vous les concepts de mémoire traumatique et de décorporalisation ? Que vous évoque le mot « féminité » ?

    Le colloque, « La Psychologie à l’épreuve du Féminisme. Un levier de Résistance ? », a pour objectif de faire connaître des travaux, des recherches et des pratiques encore peu connus ou peu enseignés en Belgique. En effet, comme pour beaucoup de disciplines scientifiques dont les premiers contours ont été tracés à la fin du 18ème siècle, l’expertise et les critiques de femmes ont longtemps été déniées, voire occultées, dans le champ de la psychologie. Si les luttes féministes ont remporté des victoires en luttant contre la domination masculine, l’organisation patriarcale de notre société perdure néanmoins et s’adapte aux nouvelles coordonnées de l’époque contemporaine. Les rapports de domination de genre sous-tendent aujourd’hui des politiques austéritaires de médicalisation, de pathologisation et de marchandisation jamais égalées. Dans ce contexte, la psychologie est autant susceptible de constituer un berceau de contestation que d’ériger des dispositifs normatifs et sécuritaires. Mettre la psychologie à l’épreuve du féminisme serait une manière de préférer la première option à la seconde et permettrait peut-être, en ces temps d’emprisonnement social et intellectuel, de dégager de sérieuses perspectives ouvrant l’horizon des possibles. En ce sens, l’articulation entre féminisme et psychologie pourrait constituer un véritable levier de résistance et de créativité pour tracer de nouvelles voies d’étude et d’accueil de la personne respectueuses de sa singularité.

    Quatre thématiques traçant le fil de ce qui pourrait constituer un levier de résistance ont été sélectionnées et délimitées dans le cadre du colloque.

    - Etre ou ne pas être mère ? Aujourd’hui encore, la fonction reproductrice des femmes reste souvent pointée comme ce qui les distingue sans aucun doute des hommes. Or, cette définition soutient un discours paradoxal. En effet, d’un côté la maternité est promue comme le symbole par excellence d’une féminité accomplie- ce qui rend d’ailleurs la question du « désir d’être mère » très difficile à poser. D’un autre côté, la fonction reproductrice des femmes est diabolisée et sur-médicalisée. Comment comprendre cette double injonction ? Quelles conséquences directes peut-elle avoir sur les droits sexuels et reproductifs, sur les pratiques d’interruption volontaire de grossesse et sur les nouvelles formes de procréation ?

    - Femmes et sexualités. Le concept « d’envie de pénis » de Freud continue d’être enseigné par certains post-freudiens affirmant son intérêt pour comprendre et appréhender le processus de sexuation chez les femmes. Les lacaniens parlent, quant à eux, du « phallus », du « nom-du-père », de « jouissance », de « La femme ». De quoi parlent les psychanalystes quand ils utilisent ces concepts et comment les féministes se sont-elles positionnées dans et face à ces discours ? Qu’en est-il de la satisfaction sexuelle ? Quelles sont les conséquences pour les femmes des propositions politiques de libération sexuelle ? En particulier, quelles conséquences pour les professionnel-les ou les institutions accueillant des victimes de viol ?

    - Le neurosexisme. On continue d’enseigner ce qui distinguerait psychologiquement les hommes des femmes en s’appuyant sur des différences organiques qui démontreraient que les femmes ont un cerveau différent de celui des hommes. Ces différences sont-elles scientifiquement vérifiables ? Par ailleurs, comment expliquer que les femmes consomment deux fois plus d’antidépresseurs que les hommes ?

    - Les thérapies féministes et autres pratiques créatives. De nombreuses féministes considèrent que le féminisme est un mouvement intrinsèquement porteur de créativité puisque, comme le disait Françoise Collin : « il ne peut y avoir de transformation des rapports sociaux sans une transformation du champ symbolique ». Certaines pratiques psychothérapeutiques mettent également la créativité et la contingence au centre du travail clinique. Qu’est-ce qui fait l’importance de la créativité ? Le féminisme a inspiré des pratiques innovantes comme les psychothérapies féministes. De quoi s’agit-il ? Existe-t-il des pratiques cliniques qui prennent spécifiquement en considération l’hétéropatriarcat ?

    Du jeudi 15 au samedi 17 octobre 2015.
    Infos : https://www.facebook.com/events/164...
    Inscriptions : psyfem@gmail.com


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