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  • La fameuse théorie de Freud
    Mis en ligne le 2 avril 2010 - Dernière modification le 6 mai 2010

    Malgré ses nombreuses erreurs, impostures et falsifications, Freud, fort d’une intuition extraordinaire, est parvenu à bâtir une théorie de l’esprit qui fait encore autorité plus de 100 ans après !

    Les sources concernant Freud furent longtemps assez limitées : ses propres confidences, l’hagiographie de Jones, la biographie laudative de Mannoni.

    Puis enfin, il y eut du neuf. Freud a écrit près de 30.000 lettres ! Les copies existantes furent léguées à Anna, sa fille, laquelle les confia à son tour à la bibliothèque du Congrès à Washington. Mais Freud avait chargé sa fille d’entretenir sa légende .... Aussi une partie seulement fut ouverte au public. Certaines lettres furent interdites à la lecture jusqu’en 1990 et d’autres jusqu’en 2004 (le courrier à Fliess, son cher ami). Certaines le seront jusqu’en 2102 (le courrier à Martha, sa femme, à Anna et à Minna, sa belle-soeur - et maîtresse) et d’autres encore jusqu’en 2113 ! S’ajoute à cela la relecture des cas cliniques à l’aune de la neurologie moderne. De cet apport d’information, Freud ne sort pas grandi. On apprend ainsi que , dès le début, il accommode la réalité afin de récolter la gloire (son rêve grandiose était de devenir un génie, à l’égal de Moïse). Dans un article de 1885, il chante les vertus analgésiques de la cocaïne, sans dire un mot sur le risque de dépendance. Or son ami Fleish-Marxow, à qui il en avait recommandée, avait déjà développé une épouvantable addiction.

    A Paris, Freud va reprendre à son compte les erreurs de Charcot. La grande hystérie de conversion - leur fond de commerce - était en fait de l’épilepsie partielle consécutive à la syphilis. Une fois rentré à Vienne, Freud, comme son maître Breuer, triche au sujet d’Anna O. Elle ne fut jamais guérie par leurs soins, pas plus qu’elle ne fut hystérique (elle souffrait d’une neuropathie). La technique découverte par Breuer (la catharsis par le « ramonage de cheminée »), que Freud a recyclée sous le nom de psychanalyse, tire donc son origine d’une tricherie. Mêmes erreurs avec sa première patiente en solo, Emmy, qui lui enseignera l’association libre (à la place de l’hypnose), et qui souffrait d’un syndrome de Gilles de la Tourette. Les Etudes sur l’hystérie parues en 1895, reposent donc sur de faux diagnostics, de fausses guérisons et sur ce que Freud a « emprunté » à Charcot, Breuer et à ses propres patientes !

    « L’abus sexuel infantile » résulte lui, d’une suggestion faite - involontairement - par Freud à ses patientes (implant de faux souvenirs). S’il passa à la théorie du fantasme, c’est pour échapper aux poursuites en diffamation des pères et oncles accusés ! Et le complexe d’OEdipe, clef de voûte de tout l’édifice, résulte de l’auto-analyse d’un pseudo souvenir. Agé de 2 ans et demi, dans un train de nuit, il aurait éprouvé une excitation sexuelle (et une jalousie consécutive vis-à-vis de son père) en voyant sa mère nue. En réalité, il ne se souvenait que du voyage en train, le reste fut inventé !

    Le plus extraordinaire dans cette histoire, c’est que malgré ces nombreuses erreurs, impostures et falsifications, Freud, fort d’une intuition extraordinaire, soit parvenu à bâtir une théorie de l’esprit qui fasse encore autorité plus de 100 ans après !


    Roland Pec psychologue attaché à la clinique Edith Cavell

    Revue REGARDS n° 685 du 07/04/2009 (13 Nassan 5769) éditée par le CCLJ (Centre Communautaire Laïc Juif ), page 42

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