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    Mis en ligne le 26 juin 2008 - Dernière modification le 17 août 2014

    Un·e étudiant·e de secondaires nous a contactés afin de rédiger un travail de classe.

    C’est un document de très grande qualité.

    Il est vraiment à mettre en avant.


    POSITION DE GENRES PLURIELS :

    Nous vous invitons à modifier systématiquement "LE sexe" par "LES sexes" ainsi que "LE genre" par "LES genres" quant il s’agit de la vision générale CAR

    ... LE PLURIEL EST POLITIQUE ... afin de démontrer la diversité ainsi que l’ouverture à de multiples possibilités.

    Intro

    « Qui suis-je ? »
    « Suis-je une fille, ou bien un garçon ? »

    Pour une majorité d’individus, la réponse à cette question est considérée comme allant de soi depuis leur venue au monde, dès l’instant où l’équipe médicale s’assure À la vue ou non d’un pénis qu’à l’évidence il s’agit d’un garçon ou d’une fille.

    D’un point de vue anatomique, cette question semble ne souffrir que deux réponses possibles. Mais qu’est-ce qui permet à autant d’individus, quelle que soit leur orientation sexuelle, d’affirmer d’une manière aussi tranchée et univoque qu’ils appartiennent au sexe masculin plutôt qu’au sexe féminin ? Ne peut-on pas imaginer des identités qui ne se plieraient pas à cette division rigide de l’humanité dans nos sociétés modernes, et qui les dépasseraient ?

    Ces catégories sont nées d’un amalgame entre deux notions qu’il est pourtant fondamental de distinguer : le sexe et le genre.

    Dans nos représentations sociales et dans notre vocabulaire coïncident en permanence les termes « mâle », « masculin » et « homme », par opposition à la série « femelle », « féminine » et « femme ».

    Mais tous les mâles sont-ils des hommes ? Toutes les femmes sont-elles féminines ?
    Le sexe biologique, c’est ce que notre corps nous montre et ce que les autres voient, indépendamment de tout ressenti.

    C’est à différencier du genre en tant que « sexe social ». Dans notre société, cela reste une évidence que de notre sexe apparent découle une certaine structure sociale qui impose aux individus une éducation et un rôle social spécifiquement « genré », des codes vestimentaires normés et un état civil. Cela maintient ainsi de manière constante l’idée d’une binarité essentielle des sexes et d’une bipolarité fondamentale des rôles sociaux.
    Hors, contrairement à ce que la société informe, il n’y a pas que 2 genres (féminin/masculin) ou que 2 sexes (mâle/femelle) !!
    Chacun d’entre nous se doit d’être le centre de son identification, le lieu depuis lequel il ressent, perçoit et s’exprime : Le droit à l’auto-définition.
    La subtilité des sentiments intimes et des affinités affectives empêchent certains et certaines d’entre nous de rentrer pleinement dans les catégories « homme » ou « femme », du fait de ce que l’on considère comme une inadéquation entre le sexe biologique, le sexe social et le sexe psychique.
    (Texte inspiré en partie d’ « introduction à la notion de genre » de David Latour de Chrysalide)

    Personne transgenre

    Les personnes « transgenres » (ou « personne à genre fluide ») font l’expérience de ce désaccord entre les attentes que la société formule à l’égard de leur identité, de leur corps et de leur sexualité, et le sentiment profond qu’elles ont d’elles-mêmes.

    Vous les connaissez sans doute plus sous le nom de « transsexuel ». Mais nous essayons de plus en plus d’effacer ce terme mais d’utiliser plutôt « personne à genre fluide » ou « personne transgenre » car le terme de « transsexualité » a été créé pour classer des personnes qui ne rentraient pas dans les cases rigides « hommes », « femmes ».

    Le terme « transsexualité » est un terme médical psychiatrique. Cela signifie que classer une personne comme « transsexuelle » revient à la considérer comme malade mentale.

    Les transgenres ne sont pas à confondre avec les homosexuels qui eux relèvent de l’attirance pour le même sexe et non de l’identité de genre. On peut très bien être transgenre et hétéro-, homo- ou bisexuel.
    Certains transgenres désirent prendre un THS (Traitement Hormonal de Substitution) ou pas, faire telle ou telle opération ou pas, changer d’identité ou pas, pour mettre en conformité leurs ressentis, leur état d’être (genre) et leur anatomie (sexe).

    Changement physique

    Les traitements hormonaux :

    Il utilise des hormones ou des anti-hormones dans le but de modifier les caractéristiques sexuelles du sexe biologique et de faire apparaître celles du sexe revendiqué par le sujet.

    Chez les MtF (homme =>femme), le traitement se fait en deux temps. D’abord des anti-hormones mâles (anti-androgène) qui ont pour effet de diminuer la libido (plaisir) et les érections, puis un traitement des oestrogènes qui va entraîner l’apparition de caractères morphologiques féminins (seins, voix, répartition des graisses.)

    Chez les FtM, une prise d’androgènes (testostérone) est nécessaire afin de développer les caractères sexuels masculins : augmentation de la masse musculaire et de la pilosité, raucité de la voix. Le résultat est sans nul doute beaucoup plus spectaculaire.

    Le traitement hormonal est à prendre à vie et les personnes qui arrêteraient s’exposent à certains risques : ostéoporose, dégénérescence cérébrale et à des désagréments : bouffées de chaleur. Les hormones sont nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.

    Les interventions chirurgicales :

    Il s’agit d’interventions définitives dont les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes tant sur le plan esthétique que sur le plan fonctionnel.

    Pour une féminisation (MtF), on procède en général par une chirurgie des seins, à une ablation des testicules et à la fabrication d’un vagin (vaginoplastie) et d’une vulve. D’autres opérations à caractères non génitaux sont souvent demandées : chirurgie faciale, chirurgie d’adaptation vocale, remodelage corporel.

    Pour une masculinisation, une chirurgie des seins, une ablation de l’utérus et des ovaires ainsi que la fabrication d’un phallus (phalloplastie) et d’un scrotum (enveloppe des testicules)..

    Bien sûr certaines personnes au genre fluide vers le masculin préféreraient faire une opération de reconstruction d’un buste masculin ou pas, prendre de la testostérone ou pas, faire ou non une phalloplastie. Et certaines personnes au genre fluide vers le féminin décident de faire ou non une vaginoplastie, de s’épiler ou non, de modifier ou non les cordes vocales. Cela dépend des attentes de la personne.

    Changement d’identité

    Toutes les personnes aux genres fluides ne passent pas forcément par un changement d’identité.

    Au niveau de l’État (officielle) :

    Deux voies possibles : la voie officielle que l’on appelle « Protocole » et la voie non officielle que l’on appelle « Hors protocole ».

    Si les personnes suivent la voie « Protocole », elles sont étiquetées comme malades mentales (transsexuelles), doivent suivre des séances avec un psychiatre qui donnera ou non son accord pour la suite. Le protocole ne s’adapte pas à la personne, c’est la personne qui doit se plier à celui-ci. La personne ne peut pas être maître de ses décisions, ce sont des psychiatres qui décident à sa place.

    Certaines personnes transgenres suivent quand même cette voie uniquement pour deux raisons :

    parce qu’elles peuvent se faire rembourser des THS et des opérations chirurgicales.

    parce que le changement officiel d’identité (changements de prénom, de sexe) n’est accepté par l’État qu’à la condition que les personnes suivent la voie « Protocole »

    La deuxième voie, « Hors protocole » est choisie par de plus en plus de personnes transgenres car elle est plus en accord avec les désirs de celles-ci et que de plus en plus les personnes transgenres ne veulent plus êtres classées comme « malades mentales ». Les personnes choisissent des médecins avec lesquels elles peuvent avoir des contacts plus honnêtes.

    Cette voie ne donne aucun remboursement des traitements médicaux et chirurgicaux. Les opérations médicales sont considérées comme opérations de chirurgie esthétique.

    Par ailleurs, pour changer les papiers, l’État Belge exige la stérilisation chirurgicale. Aux États Unis et en Espagne par exemple, il n’y a pas cette exigence de stérilisation forcée. Pour beaucoup d’associations, cette exigence est inacceptable et contre les droits humains.

    Au niveau individuel :

    S’il y a changement d’identité, celle-ci est décidée par la personne elle-même. Certains transgenres se revendiquent femme ou homme ce même avant les opérations, d’autres considèrent qu’elles ne le seront jamais complètement.

    Le transsexualisme : une maladie ?

    Les personnes transgenres ne délirent pas, elles n’ont pas d’hallucinations, elles savent qu’elles sont nées « classées hommes » ou « classées femmes ». Et donc les personnes transgenres ne sont pas malades mentales.

    Malgré tout, la transsexualité reste toujours classée comme les maladies mentales par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la catégorie « déviations des désordres sexuels » (alors que ce n’est pas une forme de sexualité).

    De nombreuses associations se battent pour arrêter ce genre de dire ! Et pour que les transgenres soient exceptés comme ils sont (comme nous).

    Discriminations, inégalités, injustices

    Les transgenres sont fortement victimes de l’ignorance et des préjugés. Un grand nombre de personnes transgenres sont victimes d’employeurs qui exploitent leur difficulté à trouver du travail. Bien qu’averti, l’employeur n’hésite pas à licencier abusivement la personne lorsqu’elle commence à changer physiquement.

    Les agressions dans la rue sont aussi monnaie courante. Du fait que ces personnes s’écartent de la norme véhiculée par la société, elles subissent les critiques, les injures et parfois les coups.

    L’injustice est un sentiment violent vécu par les transgenres : Injustice d’être souvent incompris, injustice de ne pas être aidé au niveau médical et au niveau administratif. La lenteur et le coût du changement d’état civil, le financement des interventions chirurgicales. Tous ces cumuls provoquent un sentiment d’injustice, d’une marginalisation provoquée par ces inégalités.

    Plusieurs textes européens permettent de lutter contre de telles discriminations et l’aide des associations devient alors indispensable !
    Dans le milieu familial aussi il y a parfois des désaccords. Tout dépend si la famille est ouverte, tolérante, progressiste ou pas. Si elle respecte vraiment les droits humains, elle respectera les choix de ses enfants. Tout comme à l’école d’ailleurs avec en plus un aspect d’apprentissage du respect des différences de chacun. . Certaines écoles arrivent à faire passer ces messages de respect même si le chemin est encore long. Par contre, étant aussi le reflet de la société, d’autres écoles entretiennent les préjugés au delà des questions transgenres.

    Qui contacter ?

    Il ne faut pas hésiter à contacter certaines associations s’il y a moindres questions ou si vous avez besoin de soutien dans vos démarches.

    Moi, pour mon travail, j’ai eu l’aide d’une association belge appelée « GENRES PLURIELS ». Mais il y en aussi bien d’autres qu’il ne faut pas hésiter à contacter.

    Sources :

    Genres Pluriels : association qui met en avant léexistence des personnes aux GenreS FluideS et IntersexeS.

    Contact privilégié avec Max, psychologue.

    Caritig : Centre d’Aide, de Recherche et d’Information sur le transsexualisme ou Transsexualité et l’Identité de Genre

    chrysalide : Site d’information transgenre lyonnais

    Vidéo : « toi t’en rêve » de Narcyssik


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