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  • "Une nouvelle amie" : et François Ozon changea Romain Duris en femme
    Mis en ligne le 8 novembre 2014 - Dernière modification le 13 décembre 2014

    TRANSFORMATION – Dans son dernier long métrage, "Une nouvelle amie", François Ozon offre à Romain Duris un rôle inattendu. Celui d’un jeune homme qui se travestit pour son plaisir et sa survie. Soit un prétexte à la réorchestration du masculin et du féminin.

    "Je fais des films pour interroger le spectateur", confie François Ozon, confortablement installé dans ses bureaux parisiens. Sa dernière œuvre, Une nouvelle amie, surfe plus que jamais sur cette règle d’or. Et pour cause, on y découvre le goût pour le travestissement d’un jeune veuf. Quand la meilleure copine de sa défunte épouse découvre son secret, une fascinante relation éclot. "J’ai rajouté le deuil au scénario alors qu’il n’existait pas dans le texte originel de Ruth Rendell, explique le cinéaste. "Il faut souvent de grands drames pour opérer des choix radicaux. Mais le travestissement n’est pas vraiment le sujet de mon film. Je parle plutôt d’émancipation, du fait de s’affranchir d’un carcan social, familial, culturel pour se trouver."

    Une fille au masculin, un garçon féminin

    Dans la peau du héros, Romain Duris compose un personnage passionnant, en quête d’identité et de liberté. Avec panache, il donne un énorme coup de pied dans les codes immuables qui régissent, en maîtres, les contours du masculin et du féminin. "J’avais lu dans une interview que Romain rêvait d’incarner une femme. Pour lui, qui est dans la composition et la création, c’était l’apothéose du travail d’acteur." Sulfureux dans la douceur, sérieux dans la légèreté, ce nouveau Ozon se décline comme un plaidoyer pour la tolérance et un pied-de-nez aux clichés azimutés. "Aujourd’hui, dans notre société crispée, on accepte qu’une femme soit masculine, poursuit le cinéaste. On dit même de façon valorisante qu’elle a des couilles. En revanche, un mec féminin est tout de suite dévalorisé."

    Maître dans l’art d’instiller le trouble, François Ozon déplore en creux "un modèle patriarcal où les valeurs masculines sont portées aux nues". A travers le personnage d’Anaïs Demoustier, qui assume sa masculinité, il opère cet équilibre entre les sexes auquel il souscrit. "Je voulais montrer ça de manière ludique, très enfantine. Mes personnages sont comme des gamins qui se déguisent. Vous savez, je ne suis pas là pour faire de la politique ou de la propagande. Mais pour poser des questions sur la complexité du désir, insiste-t-il. Le film est suffisamment ouvert pour qu’on se fasse une opinion sans se sentir agressé ou violenté." Il ne vous reste plus qu’à vérifier ça en salles !


    Voir en ligne : Article du journal quotidien métro

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